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Comme toujours, Haïti-Tempo part à la découverte des nos talents cachés, et surtout ceux, évoluant à l’étranger, qui ont des origines haïtiennes. Pour ce début de l’année 2020, on est vite tombé sous le charme d’un talentueux footballeur, comme toute la France d’ailleurs, et on lui a parlé. Une fois interrogé, le concerné s’est confié sur sa saison en club tout en abordant divers sujets : ses parents, sa carrière, ses envies entre autres celle de représenter Haïti.
Né à Paris dans le 18e arrondissement le 27 juillet 1991, Carnejy Antoine est issu d’une famille 100% haïtienne. Son père vient de Port-au-Prince et sa mère de Léogâne. La semaine écoulée en Coupe de France, ce longiligne attaquant de 1,91 m a réalisé l’exploit d’éliminer Toulouse en marquant un but pour son club, le FC Saint-Pryvé Saint-Hilaire évoluant en National 2 (4e Division française). Sa réalisation lui a donné la chance par la suite d’être figuré dans l’équipe type du fameux Journal L’Équipe qui a opté pour les meilleurs joueurs français du weekend. Mais le connaissent-ils vraiment ?
Vu ses performances et tout ce qui tourne autour de lui après avoir été choisi par les chroniqueurs de l’Équipe, la Rédaction d’Haïti-Tempo s’est entretenue avec lui, de quoi présenter sa personne au grand public haïtien. Nous vous invitons à lire l’interview complète.
HT: Salut Carnejy ! Pourriez-vous vous présenter à notre public ?
CA: Bonjour, mon nom est Carnejy ANTOINE. J’ai 28 ans et je joue à Saint-Pryvé Saint-Hilaire en National 2.
HT: Parlez-nous un peu de vos origines…
CA: Mes parents sont nés en Haïti. Ma mère est de Léogâne et mon père de Port-au-Prince. Moi, je suis né à Paris dans le 18e arrondissement.
HT: Comment votre carrière a-t-elle été lancée ?
CA: J’ai joué à Garges-les-Gonesse dans le 95e de 15 à 18 ans. Un peu plus tard, je suis allé chez les séniors à Noisy-le-Sec dans le 93e pendant 2 années. Puis j’ai pu jouer durant une saison en 4e Division belge à la Royale Entente bertrigeoise. Par la suite,
j’ai évolué en National 3 et en Régional à l’AS Prix-les-Mézières puis à Saint-Jean-le-Blanc.
Actuellement je fais ma première année avec le FC Saint-Pryvé Saint-Hilaire National 2.
HT: Comment votre club se comporte-t-il en championnat ? Vous y arrivez il n’y a pas très très longtemps, parlez-nous aussi de votre intégration…
CA: Le club se porte bien en ce moment. Nous sommes dans une bonne dynamique, on a des points à rattraper le plus rapidement possible dès la semaine prochaine pour aller chercher le maintien. L’intégration s’est très bien passée, car le club n’est pas très loin de chez moi. Donc, je connais déjà certaines personnes.
HT: Être figuré dans l’équipe-type du fameux journal l’Équipe après votre performance en Coupe de France face à Toulouse, cela représente quoi pour vous ?
CA: Cela représente beaucoup surtout à mon niveau. Figuré avec de tels joueurs (Varane par exemple) c’est incroyable même dans mes rêves je n’y ai jamais pensé et cela montre une fois de plus que ce qu’on a pu réaliser est aussi incroyable.
HT: Quel est votre poste de prédilection ?
CA: Je dirais attaquant un peu plus excentré droit.
HT: Certains joueurs ont un modèle, vous en avez aussi ?
CA: Oui mon modèle est Ronaldinho (rires).
HT: Avez-vous l’habitude de regarder les matchs de la sélection haïtienne? Si oui, avec quel sentiment ?
CA: J’ai pu suivre la dernière compétition (La Gold Cup 2019, NDLR). J’avais de la magie dans les yeux, c’est beau le parcours qu’ils ont pu faire. Bravo !
HT: Donc, vous rêvez un jour de représenter Haïti ?
CA: Oui, ce serait une fierté si un jour j’ai l’opportunité de porter cette tunique.
HT: Rêver de jouer pour l’équipe nationale c’est bien, mais n’étiez-vous jamais tenté par d’autres pays ?
CA: J’ai toujours dit que le premier qui me contactera j’irai avec lui, après j’avais le choix du cœur qui est Haiti par rapport à mes parents et l’autre on va dire natal, car c’est ici que j’ai tout appris et grandi, mais si non dans ma tête j’ai jamais fait réellement de choix.
HT: Vous avez déjà visité Haïti ?
CA: Oui, étant petit j’ai eu la chance d’y aller et le dernier voyage que j’ai pu faire c’était en janvier 2010 après le tremblement de terre. J’avais besoin de voir ma famille, car mes parents y étaient à ce moment là et je n’ai pas réfléchi, j’ai pris un billet et je restais pendant 3 semaines mais depuis, je n’y suis plus allé.
Fin de l’interview !
À noter le FC Saint-Pryvé Saint-Hilaire est actuellement 10e sur 16 équipes en N2 avec 19 points pour 15 matchs disputés. Concernant la Coupe de France, Carnejy est optimiste pour la suite de la compète. Il l’a prouvé avec un ton d’humour lors de sa réponse aux micros des chroniqueurs de l’Équipe après l’exploit contre Toulouse quand on lui demandait quel adversaire aimerait-il affronter:
« Peu importe le tirage, pourvu que ce soit un club de Ligue 1. Un petit PSG, l’OM ou Lyon par exemple. Bon Paris, c’est mon rêve car je suis Parisien. »
Par Douby Jean
Dans le cadre de la 20e levée du championnat espagnol de 4e division, Lealtad a signé une victoire nette et sans bavure (3-0) contre son homologue de Lenense. Mikaël Cantave en a profité pour trouver le chemin des filets à deux reprises dans la partie (18e et 59e).
Comme ce fut facile pour l’international haïtien et ses coéquipiers ! En déplacement, ils ont fait voler en éclats la défense de la formation adverse pour pouvoir trouver le fond de la cible à trois reprises. En superbe forme, Cantave a été l’auteur de deux des trois réalisations de sa formation, le premier et le dernier buts.
À titre d’information, Lealtad mène la danse dans cette Ligue avec une bagatelle de 44 points.
Ce weekend, l’ACDR Coutada a annoncé l’arrivée de plusieurs joueurs parmi eux, un jeune international Haïtien. Il s’agit donc de Mc Jeffrey Pierre qui s’est engagé pour six mois.
Après avoir porté les couleurs du FC Setubal au Portugal, l’attaquant haïtien Jeffrey Pierre a choisi de changer d’air mais reste tout de même au pays en signant avec l’A.C.D.R Coutada qui évolue en District Championship (4e Division). Le Grenadier de 20 ans a même eu le temps de jouer son premier match ce dimanche sous ses nouvelles couleurs.
Alors que le club en question l’annonçait, plusieurs médias lusitaniens ont relayé l’officialisation d’autres contrats à Coutada pour la deuxième partie du championnat. À part du jeune Grenadier, le Brésilien Pedrinho et les Colombiens Darwin Casitillo, Camilo Triana et Gilberto Lozano ont aussi paraphé leur contrat.
Rejoint par la Rédaction d’Haïti-Tempo après avoir appris la nouvelle, l’ancien joueur de Setubal s’est exprimé de cette manière:
« C’est une jeune équipe avec un groupe de joueurs qui a beaucoup de potentiel et aussi beaucoup d’expérience. Certains ont déjà joué aux USA et en Amérique du Sud. Ils battent pour maintenir leur place hors de la relégation. Ils avaient besoin d’un renfort alors ils m’ont appelé. Ils sont en compétition dans la Ligue nationale Pro au Portugal.
Nous avons joué ce dimanche et nous gagnons notre match (2-1) contre Ericeira. J’ai pu jouer 87 minutes et j’ai bénéficié de la faute qui a engendré le but de la victoire en seconde période. »
Concerné par les 16es de finale de la Coupe de France féminine, le Havre AC a affronté l’ASJ Soyaux en déplacement ce dimanche. Les Havraises ont perdu cette rencontre (1-2) malgré un but de l’internationale haïtienne, Kethna Louis.
La section féminine du Havre AC n’a pas bien commencé l’année 2020. Opposées à l’ASJ Soyaux, club de D1, elles ont baissé pavillon hors de leurs bases (1-2) à l’occasion des 16es de finale de la Coupe de France.
Après avoir encaissé le premier but du match, le HAC a réussi l’exploit d’égaliser grâce à sa latérale gauche, Kethna Louis qui marquait du coup, sa quatrième réalisation de la saison. Brillante dans la partie, Sarah Cambot a réalisé le doublé qui élimine du même coup, les coéquipiers de la Grenadière dans cette Coupe de France.
L’équipe de Kethna Louis va se concentrer donc sur le championnat avec l’ultime objectif de monter en D1 la saison prochaine.
Par Pierre Caleb Jephté
Ce weekend a été marqué par la reprise de la compétition féminine en France et pour l’occasion, le Montpellier Hérault SC de Nérilia Mondesir a visité le FF Yzeure à l’occasion des 16es de finale de la Coupe de France. Sans surprise, les Montpelliéraines ont maîtrisé leur adversaire du jour (6-1) grâce à surtout une réalisation de Nérigol.
L’année 2020 commence bien pour les pailladines ! En déplacement ce dimanche sur la pelouse du FF Yzeure, pensionnaire de D2 Féminine, elles ont fait l’essentiel en gagnant la partie (6-1) avec notamment un triplé de Valérie Gauvin.
Titulaire comme c’est le cas dans la majorité des matchs du club montpelliérain cette saison, Nérilia Mondésir a inscrit un but, son premier de la saison en cours. Positionnée à droite de l’attaque par le coach Frédéric Mendy, la perle capoise a enfin trouvé le chemin des filets.
Le début de l’année est donc parfaite pour Nérigol qui avec ce but, accumulera de la confiance pour la suite des compétitions (Championnat et Coupe). La Grenadière et ses coéquipières vont se concentrer sur la reprise de la D1 avec la réception de Paris FC samedi prochain à Grammont.
Par Pierre Caleb Jephté
Steeven Saba est en passe de quitter le Violette AC pour s’engager à l’Impact de Montréal. Depuis ce samedi, cette information prend de l’ampleur et Haïti-Tempo se fait le devoir d’apporter des précisions autour de cette nouvelle.
Grâce à sa brillante prestation à la Gold Cup 2019, l’international haïtien Steeven Saba est très demandé sur la scène internationale, surtout en Amérique du Nord, à la MLS. En cette fin de semaine, son nom cite très fort du côté de Montréal dans le club d’Impact, entrainé par Thierry Henry.
En effet, le joueur de 26 ans a annoncé à ses coéquipiers du Violette AC son départ samedi et ce dimanche, il a pris la direction de Montréal en provenance de Miami. Le joueur est invité dans un camp d’entrainement dudit club et n’a pas signé aucun contrat pour l’instant. Selon toute vraisemblance, il pourra signer avec l’Impact si ses prestations sont de bonnes qualités.
Saba ne sera pas le seul haïtien de ce camp puisque, Jems Geffrard est aussi invité. Grandi au Canada, le longiligne défenseur haïtien y retourne après plusieurs saisons en Europe et aux USA. Donc, si tout se passe bien, il y aura deux Grenadiers à l’Impact pour l’exercice 2020.
Par Christian Bendy Calixte
Le comite organisateur de l’Association Sportive Interscolaire « ASI » qui organise tradionnellement chaque année son championnat de basket, annonce la nouvelle édition pour la fin de ce mois de janvier.
Ce championnat qui s’engage dans la promotion de ce spprt chez les jeunes et trace devant eux une route menant au sommet, débutera en effet le 24 janvier prochain au Centre Sportif et Récratif de Turgeau sis a la rue Faustin 1er, ce sera la 19 édition, une compétition qui a vu notamment jouer Skal Labissière, ancien du Collège Canado Haïtien.
Une quizaine d’école prendra part à cette édition. La confirmation reste à venir par les directions d’écoles, la divulgation des noms des équipes participantes se fera sous peu et aussi le tirage au sort de la 1ère journée, cette compétition prendra fin au mois de mai prochain.
À noter, les champions de la 18e édition étaient le Collège Catts Pressoir en minime, le Collège Canado Haïtien en cadet et le Collège Nouvelle Lune en junior.
Par Gary Eliézer
Une décennie depuis que le pays a été dévasté par un terrible tremblement de terre qui a fait plus de 300 000 morts dont l’un des premiers rédacteurs de Haiti-Tempo, Wentz Casimir où le prix de journaliste de l’année porte son nom, mais en plus de cela, ce cataclysme a contribué à augmenter le nombre de personnes handicapées sur le sol dessalinien car beaucoup qui n’ont pas été décédés ce jour-là, ont été amputés d’une partie de leur corps pour rester en vie, le cas justement de notre collabaroteur Douby Jean, qui est l’exemple parfait, un miraculeux du 12 janvier qui a perdu sa main droite depuis.
12 janvier 2010 a tout changé pour Douby qui était alors un petit garçon proche d’entamer son adolescence encore loin de la rédaction sportive. Pendant l’après-midi de cette date, des gens ont malheuseument succombé, mais lui, il est sorti vivant même si avec un handicap ça qui était un horrible stupeur pour lui comme il se rappelle bien du scénario malgré vieux de 10 ans, Dieu l’a sorti du trou qu’il se trouvait.
« À cette époque, je fréquentais l’école des Frères de l’Institution Chrétienne. Ce mardi, je revenais de l’école à 13h 45 et sur les coups de 15 heures, je devrais aller prendre des cours particuliers dans un collège au bas de la ville accompagné de quelques autres élèves; mais ce jour, le professeur nous a relâchés plus tôt que prévu et grâce à cela, moi et quelques autres camarades, avions profité pour nous rendre dans un cyber café. À cette époque les Playstation étaient à la mode. Pendant qu’on jouait, la terre s’est mise à trembler. En un laps, la maison s’est effrondée. C’était une maison de trois étages. J’ai été inconscient pendant environ deux à trois heures. Personne ne savait où je me trouvais en ce moment cependant, un groupe de personnes était venu récupérer quelqu’un très cher à eux qui se retrouvait sous les décombres également et heureusement ils m’ont trouvé avant. L’un d’entre eux m’a reconnu et m’a tout de suite emmené à l’hôpital avant d’alerter ma famille mais vu que l’hôpital était bondée, les médecins n’ont pas pris mon cas en charge et je souffrais atrocement. Finalement par manque de soin, ma main droite s’est infectée et on a dû me l’enlever. »
Avec tous les efforts consentis par ses proches, le natif de Jacmel a pu continuer ses études et s’adapter à sa nouvelle méthode de vie, il n’a pas abandonné ses rêves et l’handicap est devenu pour lui une source de motivation ainsi, en 2017 après avoir bouclé ses études classiques, il a pu intégrer la rédaction de Haiti-Tempo pour vivre sa passion basée sur l’écriture et le sport. 1 an plus tard il a été désigné journaliste de l’année grâce à ses textes extraordinaires qui ont charmé plus d’un notamment les hauts gradés de la rédaction.
« Haïti-Tempo, c’est ma maison, c’est ma famille. Grâce à la compréhension de tous ceux qui se donnent à fond pour ce projet, j’ai pu m’intégrer facilement. J’ai pu me frayer un chemin facilement. À travers Haïti-Tempo, je me rends utile à ma société. Chaque publication est ma source de motivation, ce qui me permet de me réveiller chaque jour en disant « Oui Douby, tu es utile, tu es quelqu’un de spécial. »
Certaines victimes n’arrivent plus à lever la tête depuis, car ce cataclysme a laissé des séquelles considérables mais Douby à plutôt retrouvé son vrai idéal après cette catastrophe, ajourd’hui, il a déjà plus de 800 articles à son actif, il est le TGV de Tempo et Il se demande pourquoi avoir honte de votre handicap ?: « Vous êtes une victime du séisme de 2010 et cette catastrophe naturelle vous a laissé avec un handicap ? Considérez vous comme un privilégié car plusieurs familles n’ont plus de nouvelle de leurs enfants, de certains proches. Sachez que la vie vous offre une seconde chance , saisissez-là et faîtes en sorte de marquer votre passage sur cette terre. Vous rencontrerez parfois des gens qui essayeront de vous décourager, ne laissez pas ces flèches négatives. »
Nous avons tous un proche qui a été touché par ce séisme dévasteur et sachez que 10 ans après il n y aucune amélioration dans nos construction cela qui implique une catastrophe du genre engendrerait le même résultat mais cela ne devrait pas vous décourager car le sport offre toujours une seconde chance et ce, par n’importe quel moyen.
Par Gary Eliézer
L’aventure de Sony Nordé au FC Zira n’aura été que 6 mois, l’international haïtien (27 capes, 2 buts) qui a rejoint cette formation en debut de saison, ne continuera pas avec le club azerbaïdjanais, le joueur de 30 ans est tombé d’accord avec une équipe évoluant en Malaisie pour un nouveau contrat. Cette dernière qui a levé sa clause libératoire ce weekend.
Arrivé en juillet dernier dans le championnat d’Azerbaïdjan en signant un contrat d’un an, le milieu offensif (13 matchs, 1 but, toutes compétitions confondues) quitte cette terre, et c’est déjà chose faite car le FC Zira a annoncé de façon officielle le départ du Grenadier sans pourtant préciser l’endroit où il va déposer ses valises.
Mais il n y aura pas de feuilleton, l’ancien joueur de Boca Juniors est tout proche de refouler le sol asiatique (de manière footballistique) avec un bail qu’il pourrait signer avec le Melaka United, club malaisien jouant en première division qui, a décider de payer le reste de son contrat qui le liait avec le FC Zira qui prendrait fin en juin prochain.
Le club basé à Malacca devrait rapidement officialiser cette recrue pour la nouvelle saison de la Super Ligue malaisienne qui débute en février. La date de la visite medicale du joueur haïtien serait même déjà prévue pour mardi avant la signature de son bail.
Dossier à suivre !!!
Par Douby Jean
Ce dimanche 12 janvier 2020 marque une décennie depuis qu’un tremblement de terre de magnitude 7.3 a ravagé sauvagement des centaines de milliers de vie et a favorisé une croissance extravagante du nombre de personnes handicapées sur le sol haïtien. Certaines victimes n’arrivent plus à lever la tête depuis, car ce cataclysme a laissé des séquelles considérables. Elles ont tout perdu: familles, amis, richesses, une ou plusieurs partie (s) de leur corps. Toutefois, d’autres se sont consacrées à des activités pouvant les aider à remonter la pente, Rédondo El Principe Richard en est l’exemple parfait. Ayant perdu une jambe lors du séïsme, il s’est attaché au football pour redonner une nouvelle couche à sa vie jusqu’à ce qu’il devient le premier joueur haïtien à remporter un titre de soulier d’or lors d’une Coupe du monde.
12 janvier 2010 a changé la trame de vie de bon nombre d’haïtiens. À un moment où tout était calme et que le pays était en proie à des difficultés, un tremblement de terre s’est présenté comme la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Que de larmes ont inondé les visages et des coeurs furent attristés. Les pertes en vies humaines et matériels ont été considérables. Le pays a été terriblement secoué. Des gens ont malheuseument succombé, d’autres sont sortis vivants soit entier ou avec un handicap, l’essentiel ils peuvent encore respirer diront certains.
Nous vivons dans un monde où des groupes de personnes sont favorisés par rapport à d’autres. Un cas tout à fait flagrant dans la société haïtienne vu que beaucoup d’amputés n’ont pas eu d’assistance après le passage de cette catastrophe qui hante leur rêve, un véritable cauchemar. En dépit de cela, les plus fougueux se sont déplacés de leur zone de confort pour projeter une nouvelle image sur la toile. Ils veulent tout simplement être porteur d’espoir pour ceux qui ne veulent rien faire pour éviter de plonger.
Redondo El Principe Richard est actuellement en classe de seconde à l’institution mixte frères franciscains. Il est né le 15 août 2000 à Port au Prince. Depuis petit, le football était toujours sa passion. À 9 ans, sa vie allait prendre une autre tournure tout comme ce fut le cas pour plus d’un millier d’autres haïtiens.
Beaucoup d’entre nous ne savaient quoi faire lorsque la terre tremblait parce que cet évènement était nouveau. Ce qui fait qu’une multitude de gens ont été victimes. Redondo nous raconte comment il a vécu ce jour : « Je revenais de l’école, j’ai enlevé mon uniforme ensuite j’ai pris une douche. Après avoir pris le dîner, je me suis dirigé vers les escaliers pour étudier mes leçons. 30 minutes après, j’ai entendu un gros bruit et j’ai vu que la maison dansait. À l’intérieur, on était trois : moi, ma soeur et ma grand-mère. Pendant que j’essayais de m’enfuir, ma grand-mère m’a retenu. Ensuite la maison s’est effondrée. Ma soeur et ma grand-mère ont passé de vie à trépas. Quant à moi, j’ai passé la nuit sous les décombres et c’est le jour suivant, avec le support de quelques amis, mon père m’a pu sortir de là. Ils ont dû ôter une main à ma grand-mère parce qu’on était entrelacé. Une fois dehors, mon père a parcouru des dizaines de kilomètres dans le but de trouver un hôpital, c’était sans succès. Et le pire est arrivé, ma jambe gauche a lâché l’affaire. »
Les changements sont parfois cruciaux, ça requiert du temps afin que l’individu puisse s’adapter à une nouvelle train de vie. Pour certains, la roue tourne vite tandis que dans le cas de quelques autres le processus traîne beaucoup plus en même temps, cela demande de la patience et de l’attention. Après cette catastrophe naturelle de très grande envergure, le natif lion a mis du temps pour s’intégrer dans le sphère des gens faisant usage des béquilles : « Ce tremblement de terre restera gravé dans ma tête. Non seulement, j’ai perdu une jambe mais il m’a aussi pris des êtres chers, » a-t-il avancé avant d’ajouter : « On dirait que j’étais né de nouveau. L’adaptation a cette nouvelle vie fut très compliquée parce que je n’avais pas encore 10 ans à cette époque. Utiliser des béquilles était la partie la plus dure surtout pour me tenir debout. Heureusement ma mère, Leunèse Gustave, s’était mise de la partie et grâce à son inestimable support, j’ai pu gravir les échelons petit à petit. »
Il suffit seulement de regarder le nombre d’amputés qu’il a eus dans le pays pour comprendre l’ampleur du séisme. Faisant partie de la liste des victimes, 1 an après Redondo a repris sa vie en main en consacrant son temps au football. Un début assez difficile à cause de ce sport renfermant une flopée de règles spéciales. À en croire ce dernier, le football est un canal lui permettant d’évacuer le stress et de projeter une meilleure image des gens à mobilité réduite. Il a même signalé que c’est un symbole d’union, de respect et de tolérance.
Grâce à son talent, il est parvenu à intégrer l’équipe nationale des amputés. C’est bien en franchissant cette porte qu’il est devenu célèbre. En terre mexicaine, la sélection haïtienne de football amputé a porté le flambeau du pays très haut et a fait rêver plus d’un. Même si les acteurs n’ont pas ramené la coupe à la maison, il y avait de quoi à être fier d’eux. D’autant plus, El Principe Richard avait surclassé tous ses conccurrents pour glaner le trophée récompensant le meilleur buteur du mondial avec 9 buts claqués et se sent fier de son résultat : « Être soulier d’or reste et demeure un grand accomplissement pour moi. Je suis fier de moi et je suis sur que ma famille l’est aussi. Nous étions plusieurs à se battre pour cette récompense et j’ai fini par mettre la main dessus. Qu’est ce qu’il y a de plus fantastique que de bien représenter sa patrie. »
Tout compte fait, le soulier d’or haïtien a tenu à envoyer un message vibrant aux autres : « À tous ceux qui ont été victimes du tremblement de terre du 12 janvier, vous devez rester positif, couper les ponts avec le découragement. Si cela vous est arrivé, c’est parce que tout simplement il était écrit quelque part et la vie continue. Redondo El Principe Richard renmen nou anpil. »
Nous avons tous un proche qui a été touché par ce séisme dévasteur notamment ceux qui ont rejoint le cercle des gens à mobilité réduite. Vivre avec un handicap en Haïti est un défi vraiment de taille, aucune assistance et n’en parlons pas des propos et regards discriminatoires. Ces arguments là devraient-ils empêcher à cette catégorie d’évoluer ? Au contraire, cela devrait vous booster. Vous pouvez surprendre le monde. Si Redondo a laissé les eaux couler sous les ponts et s’est livré à une activité pour devenir un athlète reconnu tant au niveau national qu’international. Posez-vous, cette question, pourquoi pas moi ?
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